Le 30 janvier 2026 marque un tournant pour Biot et sa politique environnementale. La commune des Alpes-Maritimes vient d’installer l’agriculteur Sydney Eurlings sur un terrain de 5,4 hectares à Saint-Eloi, transformant ce qui devait être une zone bétonnée de 20 000 m² en exploitation agricole bio. Cette décision illustre la volonté municipale de privilégier l’agriculture locale et la préservation de l’environnement.
De la bétonisation à la reconquête agricole
La précédente municipalité de Biot avait prévu la construction d’une zone urbanisée de 20 000 m² sur le secteur de Saint-Eloi. Ce projet aurait aggravé les problèmes de ruissellement vers la Brague, rivière déjà fragilisée par les épisodes pluvieux méditerranéens.
La nouvelle équipe municipale a fait le choix inverse : redonner au territoire sa vocation agricole. Cette reconquête du foncier s’inscrit dans une démarche globale de préservation de la biodiversité et de lutte contre l’artificialisation des sols.
Un projet agricole ambitieux et local
Sydney Eurlings, l’agriculteur sélectionné pour exploiter ces 5,4 hectares, développe un projet diversifié autour de plusieurs productions :
Une forêt fruitière qui permettra une production respectueuse de l’écosystème local, avec des variétés adaptées au climat méditerranéen.
Du maraîchage bio centré sur les légumes du terroir, favorisant les circuits courts et les variétés traditionnelles de la région.
La production de fraises, culture emblématique qui trouvera sur ce terrain des conditions idéales pour se développer.
L’apiculture, avec la production de miel local, contribuant également à la pollinisation et à la préservation de la biodiversité.
De la vente directe aux cantines scolaires
Dès le mois de juin 2026, les premiers produits seront disponibles. L’agriculteur démarrera par de la vente directe sur place, permettant aux habitants de Biot d’accéder à des fruits et légumes bio cultivés à quelques kilomètres de chez eux.
À moyen terme, lorsque les volumes de production le permettront, l’exploitation fournira les écoles, crèches et le CCAS de Biot en produits frais, biologiques et locaux. Cette démarche répond à une double exigence : offrir une alimentation saine aux enfants et personnes fragiles, tout en soutenant l’économie agricole locale.
Un Plan Local d’Urbanisme ambitieux
Cette installation agricole s’inscrit dans une politique plus large menée par la municipalité. La révision du Plan Local d’Urbanisme (PLU) en 2025 a permis de multiplier par cinq les surfaces destinées à l’agriculture, passant à 24 hectares sur l’ensemble du territoire communal.
Cette multiplication des zones agricoles représente un signal fort dans un contexte où les Alpes-Maritimes connaissent une pression foncière importante. Biot fait le pari de la souveraineté alimentaire et de la préservation de son cadre de vie.
Des enjeux environnementaux majeurs
Au-delà de l’aspect agricole, ce projet répond à plusieurs enjeux environnementaux cruciaux pour Biot :
La gestion du ruissellement : en maintenant des sols perméables plutôt que de bétonner, la commune limite les risques d’inondation vers la Brague.
La préservation de la biodiversité : la forêt fruitière et les cultures diversifiées offrent des habitats pour la faune et la flore locales.
La lutte contre le réchauffement climatique : les sols agricoles stockent du carbone et créent des îlots de fraîcheur, essentiels dans une région méditerranéenne de plus en plus exposée aux canicules.
La qualité de l’air et du paysage : les espaces verts et agricoles contribuent à un cadre de vie préservé pour les habitants.
